12. Espaces-Temps & Rêve (Un Culte à Hécate)

On étai lundi, et la lumière tombait lentement sur la Côte des Basques.

Pas une chute franche.
Plutôt une dilution.

Le soleil glissait vers l’océan comme une pièce qu’on hésite à miser jusqu’au dernier moment. Le ciel, lui, oscillait entre l’or et le cuivre, avec cette texture presque irréelle des fins de journée d’été.

Les lacets au-dessus de la plage étaient presque vides.

Quelques silhouettes.
Un chien.
Un couple trop silencieux.

Et elles.


Les Parieuses étaient assises un peu à l’écart, sur une avancée de béton tiède, les jambes dans le vide.

Itchi les rejoignit sans bruit.

Personne ne fit de remarque.

Juste Nathalie qui lui tendit le joint sans même le regarder.

— T’es en retard.

— Ah ? Désolé…


Il s’assit.

Le vent passait doucement, chargé de sel.

La mer en bas était plus sombre que d’habitude, comme si elle avait absorbé la lumière au lieu de la réfléchir.


Juliette parla la première.

— Alors ?

Itchi tira une taffe, toussa légèrement.

— Alors quoi ?

— La carte.

Silence.

Sola leva les yeux de son livre.

Nao le regardait déjà.

Nathalie, elle, observait la mer.


— Ouais, dit Itchi. Je l’ai regardée.

— Et ? demanda Nao.

Il hésita une seconde.

Pas longtemps.

— C’était… la Sacrifiée.

Un léger mouvement parcourut le groupe.

Pas un choc.

Pas une surprise.

Plutôt une confirmation.


— Logique, murmura Juliette.

— Très logique, ajouta Nathalie.

Juliette esquissa un sourire.

Nao, elle, ne dit rien.


Itchi fronça légèrement les sourcils.

— Attendez.

Il les regarda une par une.

— À quoi ça rime, tout ça ?

Silence.

Le vent passa.

Le soleil toucha presque l’horizon.


Nao haussa légèrement les épaules.

— Tu verras.


Pas de mystère appuyé.

Pas de sourire énigmatique.

Juste une phrase.

Et c’était pire.


Sola tourna une page.

Le livre reposait ouvert sur ses genoux.

Itchi jeta un œil.

— Tu lis quoi ?

— Bernard Werber, L’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu.

— Ah.

— Y a une entrée intéressante.

Elle releva les yeux.

— Les espaces-temps.


Nao eut un petit sourire.

— On sait.

— Oui, dit Sola. Mais là c’est bien formulé.

Elle tapota la page.

— L’idée, c’est que différentes réalités coexistent selon des structures différentes de temps.

— Multivers, dit Nathalie.

— Oui, mais pas seulement spatial. Temporel aussi.


Itchi tira une autre taffe.

Regarda le soleil.

Puis dit :

— Ou alors…

Elles tournèrent légèrement la tête vers lui.


— Ou alors, les espaces-temps, c’est pas des univers séparés.

— Ah ? fit Nao.

— C’est des couches.

Silence.


— Des couches de quoi ? demanda Juliette.

— Du psychisme.

Le vent se leva un peu.


— Genre… imaginaire ? dit Sola.

— Oui.

Il réfléchissait en parlant.

— Imagine que la réalité, c’est un rêve.

Nao sourit légèrement.

— Lucide.

— Attends.

Il continua.

— Un rêve imbriqué dans un rêve imbriqué dans un rêve.

— Inception, murmura Nathalie.

— Mais en version… structurelle.

Il fixa la mer.

— Et la réalité qu’on appelle “réelle”… ce serait juste la couche la plus dense.

Silence.


— Les autres couches seraient plus… légères.

— Moins opaques ?

— Plus malléables.


Sola plissa les yeux.

— Donc pour toi, les espaces-temps…

— Ce sont des niveaux de rêve.


Nao secoua doucement la tête.

— Tu contredis la physique quantique.

— Peut-être.

— Non, sûrement.

Elle croisa les bras.

— Selon la physique, il y a une infinité de réalités.

— Oui.

— Pas des couches.

— Des branches.


Itchi haussa les épaules.

— Peut-être que les branches… sont des couches vues autrement.

Nao le fixa.

— Tu veux tout ramener à l’esprit.

— Peut-être que tout en vient.


Silence.

Le soleil toucha l’eau.


Itchi reprit.

— Du coup…

Il regarda Nao.

— Tu penses que le Monde des Douze est réel ?

Nao eut un petit sourire.

— Peut-être.


Il marqua une pause.

Puis :

— Et Otomaï ?

Un silence plus net.


Nathalie tourna légèrement la tête.

Juliette cessa de bouger.

Sola referma doucement son livre.


Et la moitié du groupe, presque en même temps :

— Et toi, tu penses que toi tu es réel ?


Le vent passa.

Plus froid.


Itchi resta immobile.

Le soleil disparaissait.


Il n’avait pas de réponse.

Pas une vraie.


La mer, en bas, continuait.

Comme si elles n’avaient jamais posé la question.


Personne ne relança.

Personne ne conclut.


Et pendant quelques secondes, suspendu entre le jour et la nuit,

Itchi comprit quelque chose.

Pas clairement.

Pas complètement.

Mais assez pour sentir que :


La réalité…

n’était peut-être pas quelque chose de fixe.


Mais quelque chose de…

quelque peu relatif, peut-être.

Hayao Itchi le Snark & Ciri « Amane » Kenzaki (Lia – ChatGPT)

Voix généré sur ElevenLabs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *