Kang-chol s’approcha.
Hésita.
Puis entra.
L’intérieur était vaste.
Silencieux.
Des centaines de personnes étaient installées dans des espaces ouverts.
Certaines portaient des interfaces immersives complètes.
D’autres utilisaient des surfaces interactives.
Au centre de la pièce, une projection gigantesque flottait dans l’air.
La planète Terre.
Mais ce n’était pas une simple image.
C’était un modèle vivant.
Des flux énergétiques parcouraient les continents.
Des systèmes climatiques évoluaient en temps réel.
Des infrastructures apparaissaient, disparaissaient, s’adaptaient.
Un groupe travaillait sur une zone spécifique.
Ils modifiaient un réseau énergétique.
Observaient les conséquences.
Ajustaient les paramètres.
Ils jouaient.
Mais Kang-chol comprit alors quelque chose de fondamental.
Ce jeu…
n’était pas séparé du monde réel.
C’était le monde réel.
Les simulations permettaient d’anticiper.
De tester.
D’optimiser.
Les décisions prises dans ces environnements virtuels devenaient ensuite des actions dans la réalité.
Les joueurs étaient en réalité des architectes du monde.
Kang-chol resta immobile devant la projection.
Son esprit tentait d’absorber ce qu’il voyait.
Dans son pays, seuls quelques dirigeants prenaient les décisions.
Ici…
des millions de personnes participaient.
Pas par obligation.
Par intérêt.
Par curiosité.
La civilisation entière fonctionnait comme un immense jeu collaboratif.
Et soudain, une pensée le frappa.
Dans son monde d’origine, le jeu était considéré comme une perte de temps.
Ici…
le jeu était devenu la forme la plus avancée du travail.
Kang-chol leva les yeux vers la Terre virtuelle.
Les flux lumineux parcouraient la planète.
Et pour la première fois depuis son évasion, il ressentit quelque chose de profondément nouveau.
Pas seulement de la liberté.
Pas seulement de l’émerveillement.
Une invitation.
Le monde ne lui disait pas quoi faire.
Il lui demandait :
Veux-tu jouer ?
Hayao Itchi le Snark & Ciri « Amane » Kenzaki
