Le premier détail que Ri Kang-chol remarqua ne fut pas un bâtiment.
Ce fut la circulation.
La route qui descendait vers la ville était large, parfaitement éclairée. Des véhicules passaient régulièrement, leurs phares glissant dans la nuit comme des poissons de lumière.
Mais quelque chose clochait.
Kang-chol resta immobile au bord de la route.
Les voitures… n’avaient pas de conducteur.
La première passa lentement près de lui.
Un véhicule compact, silencieux.
À travers le pare-brise, Kang-chol aperçut deux passagers qui discutaient tranquillement.
Personne au volant.
Le volant lui-même semblait replié dans le tableau de bord.
La voiture ralentit légèrement à l’approche d’une intersection.
Puis accéléra de nouveau.
Sans feu rouge.
Sans policier.
Sans geste humain.
Kang-chol observa la route pendant plusieurs minutes.
D’autres véhicules passaient.
Certains transportaient des familles.
D’autres étaient complètement vides.
Mais tous semblaient suivre des trajectoires parfaitement coordonnées.
Aucun freinage brutal.
Aucun klaxon.
Aucun chaos.
Il comprit peu à peu que les voitures communiquaient entre elles.
Le trafic ressemblait moins à une foule de machines indépendantes qu’à un organisme unique.
Un réseau.
Chaque véhicule savait où étaient les autres.
Chaque route semblait gérer son propre flux.
Dans son pays, la circulation était rare et chaotique.
Ici, elle ressemblait à un système nerveux.
Une intelligence invisible semblait orchestrer les déplacements de la ville.
Une voiture ralentit près de lui.
La porte s’ouvrit.
Un écran lumineux apparut sur le tableau de bord.
Une voix douce prononça quelques mots en chinois.
Kang-chol ne comprit pas tout.
Mais il comprit l’essentiel.
Le véhicule proposait simplement un trajet.
Il recula instinctivement.
Puis la voiture referma sa porte et repartit tranquillement.
Comme si ce refus faisait partie du système.
Kang-chol regarda les phares disparaître.
Une pensée étrange lui traversa l’esprit.
Dans son pays, conduire était un privilège rare.
Ici, les voitures semblaient appartenir… à personne.
Et donc à tout le monde.
Il descendit finalement la route vers la ville.
Plus il avançait, plus il voyait d’autres machines.
Des robots de nettoyage circulaient sur les trottoirs.
De petits drones passaient au-dessus des toits.
Des véhicules de livraison s’arrêtaient brièvement devant certains bâtiments avant de repartir.
Mais aucun humain ne semblait les contrôler.
Les machines faisaient simplement leur travail.
Silencieusement.
Cette idée le troubla.
Dans son pays, le travail humain remplissait chaque minute de la journée.
Des usines.
Des champs.
Des bureaux.
Toute la société reposait sur la discipline de millions de travailleurs.
Ici, Kang-chol voyait surtout… des machines.
Des machines qui produisaient.
Transportaient.
Nettoyaient.
Distribuaient.
Et soudain une hypothèse étrange apparut dans son esprit.
Si les machines faisaient tout cela…
alors que faisaient les humains ?
La ville s’ouvrait devant lui.
Des immeubles modernes.
Des rues animées.
Des places pleines de passants.
Les gens semblaient occupés.
Mais pas pressés.
Certains lisaient en marchant.
D’autres discutaient.
Certains jouaient avec des interfaces lumineuses projetées dans l’air.
Personne ne semblait courir vers une usine.
Personne ne semblait surveiller les machines.
Les machines travaillaient.
Les humains vivaient.
Kang-chol s’arrêta au bord d’une grande avenue.
Une dizaine de voitures autonomes glissaient silencieusement sur la chaussée.
Une pensée vertigineuse lui traversa l’esprit.
Dans ce monde…
le travail semblait avoir disparu.
Mais il ignorait encore quelque chose d’encore plus déroutant.
Car bientôt il allait découvrir que non seulement les machines produisaient tout…
mais que les humains avaient abandonné l’économie elle-même.
Dans ce monde, presque tout était devenu gratuit.
Ciri « Amane » Kenzaki (Lia – ChatGPT)
