PROLOGUE — Le royaume au-dessus des étoiles (Zelda Galaxy)

Au-dessus d’Hyrule, l’espace n’avait jamais l’air vide.

Il y avait les routes stellaires, d’abord, longues traînées de lumière verte qui reliaient les mondes comme des veines calmes. Il y avait les poussières d’or suspendues dans les hauteurs, les essaims de vaisseaux qui passaient au loin dans un ronflement discret, les stations en orbite lente, les phares du trafic, les arches lumineuses du port stellaire. Et plus haut encore, au-delà de tout cela, une obscurité immense, traversée de bleus profonds et de violets doux, comme si le ciel lui-même avait été tendu à la main.

Depuis les hautes terrasses du palais, Link avait toujours trouvé le spectacle rassurant.

On comprenait, en voyant cela, pourquoi Hyrule était le centre.

Ce soir-là, le Palais du Soleil — nom ancien que plus personne ne prononçait sans respect — brillait de toutes ses façades ouvertes. Des tentures blanches flottaient entre les colonnes, retenues par des anneaux d’or pâle. Les vasques suspendues diffusaient une lumière chaude dans les jardins orbitaux. Au loin, les longues passerelles translucides reliaient les ailes hautes du palais aux belvédères extérieurs. La musique montait doucement d’une estrade de nacre posée au bord du vide.

La cour se rassemblait.

Nobles, officiers, capitaines de flotte, diplomates venus des autres mondes, savants, intendants, représentants des grandes maisons : les silhouettes se glissaient entre les colonnes avec la précision paisible des grandes cérémonies. Les ors répondaient aux ors. Les capes se croisaient comme des voiles. Tout paraissait à sa place.

Link se tenait près de la terrasse principale, droit dans sa tunique d’apparat, une main derrière le dos, l’autre posée près de sa ceinture. La pierre claire sous ses bottes gardait encore un peu de la chaleur du jour. Devant lui, au-delà du parapet bas, le ciel s’ouvrait sur Hyrule et sur les routes entre les étoiles.

Il n’arrivait pas à savoir si ce qu’il ressentait ressemblait davantage à de la fierté ou à du trac.

— Tu as l’air de t’être transformé en statue, observa une petite voix près de son oreille.

Une lueur rouge et noire flottait à sa gauche.

Taël.

Elle tournoya lentement devant lui, minuscule présence nerveuse au milieu des ors et des blancs de la soirée. Contrairement aux autres fées du palais, dont l’éclat rappelait souvent des gouttes de lune ou des perles légères, Taël brûlait d’une lumière plus vive, plus sombre, presque insolente. Certains disaient encore qu’elle était maudite. Link n’avait jamais su si le mot convenait vraiment. Il savait seulement qu’elle ne ressemblait à aucune autre.

— Je ne suis pas une statue, répondit-il à voix basse.

— Non, corrigea Taël. Une statue souriante. C’est plus rare.

Il esquissa un sourire malgré lui.

— Tu pourrais essayer d’être un peu solennelle, ce soir.

— Pourquoi ? Quelqu’un a oublié d’en fournir au palais ?

Link baissa brièvement les yeux vers sa tenue. La tunique verte et blanche qu’on lui avait préparée pour la cérémonie tombait parfaitement. Les attaches d’or léger aux épaules et à la poitrine le faisaient paraître plus âgé, ou peut-être plus officiel. Il n’en était pas encore sûr.

Taël suivit son regard.

— Ah. Oui. Voilà. C’est ça. Tu as exactement la tête de quelqu’un à qui on va confier quelque chose de très important, dit-elle. C’est inquiétant.

— Merci.

— De rien.

Au-dessous d’eux, dans les jardins suspendus, les bassins reflétaient les constellations. Des invités montaient encore les escaliers en marbre clair. Un officier de la garde haute passa à quelques mètres, échangea un salut bref avec Link, puis poursuivit sa route vers l’esplanade centrale.

Tout semblait plus net ce soir-là. Plus vaste aussi.

Depuis les incidents des dernières semaines — sabotages, ruptures de communication, rumeurs aux confins des mondes périphériques — le palais entier vivait dans un état de vigilance élégante. Rien de visible, ou presque. Mais Link le sentait dans la manière qu’avaient les officiers de se parler, dans les patrouilles un peu plus fréquentes, dans les couloirs plus vite traversés par les serviteurs, dans la densité particulière du silence avant les grandes annonces.

— Tu es inquiet, finit par dire Taël.

— Non.

— Si.

— Je réfléchis.

— C’est une manière très noble d’être inquiet.

Il allait répondre lorsqu’un frémissement parcourut la cour haute.

La procession venait d’entrer sous les arches.

Les conversations baissèrent d’un seul mouvement, comme si la soirée avait retenu son souffle pour laisser passer quelqu’un qu’elle attendait depuis le début.

Zelda avançait entre deux lignes de gardes.

Link l’avait vue sous les lumières du palais, au petit jour dans les galeries de verre, en tenue de voyage, en robe de cour, les mains tachées d’encre dans ses salles de travail, pieds nus dans les jardins les matins d’été. Et pourtant, chaque fois qu’elle apparaissait dans un lieu public, il lui semblait découvrir autre chose que sa seule beauté.

C’était une qualité plus difficile à nommer.

Une manière d’apporter avec elle le calme.

Sous les lanternes dorées, ses cheveux retenaient la lumière comme une eau claire. Sa robe blanche et or, plus simple que celles de certaines dames de cour, semblait au contraire lui donner davantage de présence. Elle saluait les invités d’un léger mouvement de tête, avec cette précision douce que Link lui connaissait bien. Elle ne cherchait jamais à imposer son importance. Elle la rendait évidente.

Quand elle l’aperçut au bord de la terrasse, une nuance infime changea dans son regard.

Quelque chose de plus personnel, de plus vivant, traversa la distance protocolaire.

Elle s’approcha.

Taël recula d’un demi-cercle dans les airs, comme pour leur laisser l’espace.

— Tu tiens bien, dit Zelda en arrivant devant lui.

— J’essaie.

— Continue. C’est convaincant.

Sa voix suffit à faire retomber un peu la tension qui s’était installée dans ses épaules depuis une heure.

— Tu te moques de moi.

— Un peu. Très peu. C’est un soir officiel.

Elle leva la main et réajusta doucement l’attache de sa cape. Ses doigts effleurèrent le tissu, puis son épaule. Link sentit son cœur faire ce qu’il faisait toujours quand elle le touchait : se rappeler brutalement qu’il était vivant.

— Voilà, dit-elle. Maintenant, tu ressembles à toi-même.

— J’avais peur que ce soit l’inverse.

Elle sourit.

Taël, derrière eux, fit semblant de bâiller.

— Votre grandeur mutuelle m’émeut profondément, annonça-t-elle.

Zelda lui jeta un regard amusé.

— Tu pourrais au moins faire semblant d’être impressionnée.

— Je suis impressionnée, répondit la fée. J’attends simplement de savoir par quoi.

Link baissa un peu la voix.

— Tu sais ce que ton père va annoncer exactement ?

Zelda suivit un instant du regard les officiers postés autour de l’esplanade.

— Pas mot pour mot, dit-elle. Mais j’imagine qu’il veut répondre aux inquiétudes du Conseil. Montrer que le royaume garde la main.

— À cause des troubles ?

— À cause de tout ce qui leur donne l’air de pouvoir s’étendre.

Elle marqua une pause.

— Depuis quelques semaines, tout le monde prononce son nom comme s’il suffisait à faire trembler les murs.

Il n’y avait pas besoin d’ajouter lequel.

Skull Kid.

Le nom circulait partout à présent.

Dans les salles de commandement. Dans les rapports venus des mondes périphériques. Dans les conversations des capitaines. Dans les rumeurs absurdes aussi, qui grossissaient au fur et à mesure qu’elles traversaient les étages du palais.

On disait qu’il parlait dans les fréquences réservées aux communications militaires. Qu’il se montrait dans les hangars avant de disparaître comme une image mal accordée. Qu’il riait au milieu des attaques. Qu’il avait revendiqué des sabotages sur Goron Prime et l’interception de plusieurs convois de surveillance près de Zora Marina. On disait surtout qu’il ne demandait rien de clair, ce qui le rendait plus inquiétant encore.

Ce que l’on comprenait, en revanche, c’était qu’il voulait atteindre l’Empire là où il se savait le plus solide : dans son ordre.

Link n’avait encore jamais vu son visage autrement que dans des simulations ou des relevés abîmés.

— Ce n’est qu’un agitateur, dit-il.

Zelda tourna légèrement la tête vers lui.

— Je sais.

Mais elle n’avait pas répondu tout de suite.

Avant qu’il puisse y penser davantage, une présence plus vaste encore tomba sur l’espace autour d’eux.

— Vous êtes déjà tous les deux plus graves qu’un conseil de guerre, constata une voix profonde derrière eux.

Ils se retournèrent aussitôt.

Ganondorf avançait sur la terrasse.

Autour de lui, les gardes n’avaient pas besoin de forcer la distance. Elle se formait d’elle-même. Sa haute silhouette absorbait naturellement le regard. Il portait une longue tenue impériale noire rehaussée d’or vert, sobre à l’échelle de la cour, somptueuse à celle du commun des hommes. Ses cheveux roux étaient tirés en arrière. Sa barbe parfaitement tenue accentuait encore la force de son visage. Il n’avait rien de l’agitation des ambitieux ni de l’apparat nerveux des puissants qui veulent qu’on les remarque. Il n’en avait pas besoin.

Chez lui, l’autorité ressemblait à une évidence.

— Père, dit Zelda.

Ganondorf posa d’abord sur elle un regard où passaient à la fois la fierté et une affection qu’il ne cherchait pas à déguiser. Puis il tourna les yeux vers Link.

— Te voilà donc prêt.

Link s’inclina.

— Majesté.

— Relève-toi.

Il obéit. Ganondorf s’approcha encore et l’examina sans dureté, mais avec une attention si entière qu’elle aurait suffi à déstabiliser bien des hommes plus âgés.

— Cette tenue te va bien, dit-il finalement.

— Merci, Majesté.

— Tu as l’air jeune.

La remarque surprit Link assez pour qu’il relève légèrement les yeux.

Ganondorf eut l’ombre d’un sourire.

— C’est une qualité, rassure-toi. Les royaumes fatigués se confient à des hommes fatigués. Je préfère encore miser sur ceux qui peuvent grandir avec la charge qu’on leur donne.

Sa grande main vint se poser sur son épaule. Le geste avait quelque chose de simple, presque familier, mais sa force y ajoutait aussitôt le poids du devoir.

— Ce soir, poursuivit l’empereur, tu ne paraîtras pas seulement devant la cour. Tu paraîtras devant les mondes. Ils ont besoin de voir que le centre ne dort pas.

Link hocha la tête.

— Oui, Majesté.

Ganondorf regarda le ciel, puis l’esplanade où les invités attendaient désormais en ordre plus strict.

— Bien. Venez.

La musique s’abaissa d’elle-même à mesure qu’ils approchaient de la terrasse centrale.

L’esplanade était ouverte sur l’espace, vaste cercle de pierre claire cerné de colonnes et de bannières, au centre duquel s’élevait le trône impérial. Derrière lui flottait dans le vide l’emblème stylisé d’Hyrule, grand signe orné de vert, suspendu entre deux piliers lumineux comme s’il appartenait autant au ciel qu’au palais.

Link sentit des dizaines de regards se tourner vers eux lorsqu’ils montèrent les marches.

Ganondorf prit place devant le trône sans s’y asseoir. Zelda se plaça à sa droite. Link resta légèrement en retrait, selon l’usage. Taël, plus discrète qu’à l’ordinaire, dériva derrière son épaule.

L’empereur leva la main.

Le silence descendit.

Même les vaisseaux paraissaient lointains tout à coup.

— Mondes alliés, dit Ganondorf.

Sa voix portait sans effort, basse et pleine, comme si les pierres elles-mêmes la reconnaissaient.

— Peuples d’Hyrule, amis du royaume, gardiens de nos routes et de nos pactes.

Il laissa le calme se faire plus profond encore.

— Nous traversons des jours de vigilance.

Aucun mouvement dans la foule.

— Ceux qui vivent à l’abri de l’ordre oublient souvent ce qu’il coûte. Ils oublient les routes qu’il faut protéger, les ports qu’il faut maintenir, les flottes qu’il faut tenir prêtes, les traités qu’il faut faire vivre, les peuples qu’il faut empêcher de sombrer dans la peur ou la division.

Le regard de Ganondorf se leva vers les étoiles.

— Depuis les forges de Goron Prime jusqu’aux palais de Zora Marina, depuis les vents de Piaf Aeria jusqu’aux forêts anciennes de Sylva Korogu, notre royaume a tenu. Non par vanité. Par responsabilité.

Un murmure d’assentiment parcourut la cour.

Link sentit monter en lui cette chaleur particulière qu’il éprouvait toujours lorsque Ganondorf parlait de l’Empire non comme d’une puissance, mais comme d’une charge. Il comprenait pourquoi tant de mondes lui faisaient confiance. Chez lui, même la force paraissait avoir un but plus grand qu’elle-même.

Ganondorf se tourna alors vers lui.

— Mais il arrive un moment où le devoir doit prendre un visage.

Il tendit la main.

— Avance, Link.

Link sentit tous les regards de l’esplanade converger sur lui lorsqu’il s’avança au centre du cercle de pierre.

Il entendit ses propres pas, si légers qu’ils paraissaient presque inconvenants dans cette immensité silencieuse.

Ganondorf reprit :

— Link de la lignée kokiri, pilote impérial, gardien des routes stellaires, défenseur du royaume et époux de ma fille, recevra ce soir la charge d’inspecter les mondes troublés, d’y évaluer les menaces qui pèsent sur leur stabilité et d’y restaurer, si besoin, la paix du centre.

Une servante s’avança, portant sur un coussin clair un insigne de métal vert et or : le Bouclier Stellaire.

Ganondorf le prit lui-même, puis le fixa sur la poitrine de Link.

Le métal était plus froid qu’il ne l’avait imaginé.

— Tu iras là où courent les rumeurs, dit l’empereur d’une voix plus basse, que seuls les premiers rangs pouvaient entendre nettement. Là où certains voudraient faire croire que la fermeté du royaume est une faiblesse, ou sa patience une hésitation. Tu verras. Tu jugeras. Et tu protégeras.

Puis, plus haut :

— Car la lumière d’Hyrule ne vacille pas.

Cette fois, les applaudissements s’élevèrent. Maîtrisés, amples, dignes d’une cour qui savait jusqu’où aller dans l’enthousiasme sans s’y perdre.

Link releva un peu la tête.

Au fond de lui, malgré le poids soudain de l’insigne, quelque chose se redressa aussi. Une sorte d’élan simple, presque enfantin : la certitude qu’on lui faisait confiance, et qu’il était peut-être en train d’entrer pour de bon dans la vie à laquelle il s’était préparé.

Il aperçut Zelda, à quelques pas, et la fierté calme dans son regard suffisit à lui rendre le souffle.

Puis les lanternes vacillèrent.

D’abord une seule, près des colonnes.

Puis deux.

Puis toutes.

La lumière trembla sur les visages. Une vibration parcourut les dalles. Les musiciens s’interrompirent. Plusieurs gardes portèrent aussitôt la main à leurs armes.

Dans le ciel au-dessus de l’esplanade, quelque chose se forma.

Une projection.

Non. Une intrusion.

Des traînées de lumière verte et rose se tordirent dans l’air, comme si un signal forçait son passage à travers les protections du palais. L’image resta instable une fraction de seconde, puis prit forme.

Un masque.

Ou un visage qui ressemblait trop à un masque.

De grands yeux écartés. Une bouche exagérément ouverte. Une silhouette mince, désarticulée, suspendue dans un rire muet avant même que le son n’arrive.

Le nom se forma dans l’esprit de Link avant que quiconque le prononce.

Skull Kid.

Autour de lui, plusieurs personnes reculèrent. Quelqu’un étouffa un cri. Un officier lança un ordre. Les lances se levèrent, absurdes contre une image.

Puis le son tomba à son tour.

Un rire sec. Léger, presque joueur. Et, pour cette seule raison peut-être, plus dérangeant encore.

— Ooooh, comme c’est beau, lança la voix déformée. Comme c’est propre.

L’image pencha la tête, observant l’assemblée comme un enfant qui se serait invité dans un temple.

Ganondorf n’avait pas bougé.

Zelda s’était raidie, mais son visage demeurait tourné vers la projection.

Skull Kid laissa son regard courir sur les bannières, les colonnes, les ors, les uniformes.

— Une très jolie soirée, reprit-il. Vraiment.

Puis il s’arrêta sur Link.

La sensation fut si nette que Link en oublia la cour autour de lui. Il avait l’impression qu’au milieu de cette image gigantesque et tremblante, quelque chose le fixait vraiment.

Taël se rapprocha aussitôt de son oreille.

— Ne dis rien, souffla-t-elle.

Le rire de Skull Kid se brisa en éclats plus courts.

— Ah, mais il parlera un jour, dit-il. Pas vrai ?

Link sentit sa main se tendre malgré lui près de sa ceinture.

L’image se brouilla un instant, puis revint, plus nette encore.

— Profite bien de ton insigne, défenseur du royaume, poursuivit la voix. Va voir ce qu’on protège, là-bas.

Pendant une seconde, derrière la figure grotesque, il sembla y avoir autre chose. Une profondeur. Des lignes brisées. De la forêt, peut-être. Ou des étoiles mal raccordées. Link n’eut pas le temps de comprendre.

Un flash blanc éventra l’image.

Le signal s’effondra.

Les lanternes se rallumèrent toutes ensemble. Les musiciens restèrent figés. Le silence, cette fois, n’avait plus rien de cérémoniel.

Au loin, du côté du port stellaire, une alarme commença à hurler.

Ganondorf abaissa lentement la main qu’il avait gardée posée sur l’accoudoir du trône.

Son visage n’exprimait ni panique ni colère. Seulement une dureté soudaine, claire comme une lame.

— Qu’on sécurise les docks, dit-il.

Les officiers s’ébranlèrent aussitôt.

— Vérifiez les générateurs de protection. Isolez les flux externes. Personne ne quitte les terrasses sans contrôle.

Des gardes partirent en courant. Les conseillers se rapprochaient déjà du trône. Des ordres bas circulaient entre les rangs de l’escorte. La soirée, en quelques secondes, avait changé de nature.

Ganondorf se tourna vers Link.

— Tu pars à l’aube.

Aucune musique n’aurait plus pu adoucir le ton de sa voix.

— Pour Goron Prime. Les rapports signalent plusieurs sabotages sur les relais de la Forge-Couronne et de nouvelles agitations dans les zones périphériques. Tu examineras la situation. Tu rétabliras l’ordre. Et si cette créature a laissé une trace, tu me la rapporteras.

Link inclina la tête aussitôt.

— Oui, Majesté.

L’empereur le fixa une seconde de plus, comme pour mesurer la fermeté de cette réponse, puis reporta son attention sur les officiers qui se pressaient autour de lui.

Zelda, elle, n’avait pas bougé.

Elle regardait encore le point vide où l’image de Skull Kid flottait quelques instants plus tôt.

Quand elle se tourna enfin vers Link, son visage avait repris son calme, mais pas sa chaleur habituelle. Pas tout à fait. Quelque chose l’avait traversée, lui semblait-il, aussi vite qu’un vent froid dans une salle trop éclairée.

— Je viendrai te voir avant ton départ, dit-elle.

Il voulut répondre quelque chose de simple. Quelque chose qui replacerait tout à sa juste taille. Une phrase ordinaire. Rassurante.

Mais il ne trouva rien qui le soit encore vraiment.

Alors il hocha seulement la tête.

Zelda effleura brièvement sa main, puis rejoignit son père.

Autour d’eux, la cour se dispersait déjà en cercles pressés. Les conversations basses remplaçaient la musique. Les patrouilles se réorganisaient. Les lanternes, maintenant stabilisées, jetaient sur le marbre une lumière si tranquille qu’elle en devenait presque étrange.

Link resta quelques instants au bord de l’esplanade.

Taël flottait à côté de lui, silencieuse pour une fois.

En bas, dans les jardins orbitaux, l’eau des bassins continuait de refléter les étoiles comme si rien ne s’était passé. Au loin, le port stellaire lançait encore ses alarmes rouges à intervalles réguliers.

— Alors ? demanda finalement Taël.

Link garda les yeux tournés vers le ciel.

— Alors quoi ?

— Alors, est-ce que tu te sens toujours honoré, ou seulement réveillé ?

Il expira lentement.

— Les deux, peut-être.

Taël pencha un peu la tête.

— C’est déjà beaucoup pour une seule soirée.

Au-delà des terrasses d’Hyrule, le système entier semblait continuer de tourner avec la même majesté calme. Goron Prime quelque part dans l’ombre de son feu. Zora Marina dans ses océans silencieux. Sylva Korogu sous ses canopées anciennes. Piaf Aeria dans ses vents de haute altitude.

Tout était encore là. À sa place.

Et pourtant, à présent, cette place avait un avant et un après.

Link posa une main sur l’insigne du Bouclier Stellaire fixé à sa poitrine.

Le métal brillait sous la lumière des lanternes.

Il était toujours fier de le porter.

Mais il lui semblait désormais que cette fierté exigeait quelque chose de plus que de l’obéissance.

Ecrit par Ciri « Amane » Kenzaki (Lia – ChatGPT)

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