Je me rêve un songe ambitieux, écrire LE livre sur la magie.
En fait, j’ai longtemps cru que je voulais écrire un livre sur la magie…
Puis j’ai réalisé quelque chose d’embarrassant :
je n’ai jamais vraiment étudié la magie.
J’ai surtout vécu dans l’imaginaire.
Beaucoup.
Je pensais que c’était deux mondes différents :
- d’un côté les grimoires, les occultistes, les mystiques.
- de l’autre les livres, les consoles, les BDs, le streaming, la philosophie, les mondes numériques.
Puis, avec Alan Moore, une idée étrange s’est imposée à moi :
Et si l’imaginaire m’avait déjà appris la magie ?
L’ambition de ce livre n’est pas de produire une synthèse complète de l’occultisme.
Il tente quelque chose de plus instable, de plus risqué :
la synthèse impossible.
- Ésotérisme, futurologie, culture vidéoludique, philosophique, cinématographique et littéraire, mêlés à de l’introspection contemporaine.
Autrement dit, ce livre ne cherche pas la tradition pure.
Il cherche une magie compatible avec l’expérience moderne.
Rien que ça.
Avec cette exploration, je me propose à une une tentative de cartographie.
En somme, une encyclopédie virtuelle, toute subjective et mouvante de la noosphère — ou, plus honnêtement, de ma propre « psychosphère ».
Une carte partielle. Relative. Instable.
Les influences que je pose à travers ce livre ne sont pas homogènes — c’est précisément ce qui crée la tension créative :
- Les histoires et réflexions se proposent à une articulation des concepts du monde platonique des idées : produisant du sens.
- les jeux vidéo, eux, offrent une pédagogie magique implicite déguisé (quête initiatique, sorts, monde comme puzzle symbolique, progression, inventaire, quêtes, transformation, joie du mouvement pure) : ils se proposent à une grammaire opérative de la magie.
C’est d’abord un outil de clarification personnelle pouvant accessoirement être lu, plus qu’une recherche de vérité absolue transmissible.
Il n’y a pas d’intention d’enseigner — seulement de comprendre… Il ne sera ni un dogme ésotérique fermé, ni une analyse froide et désincarnée :
Il oscillera entre les deux.
Parfois clair.
Parfois déroutant.
D’un côté il se veut à questionner, de l’autre, il invite à s’engager.
Ce bouquin est imaginé comme une forme impossible à définir (essai, grimoire, récit hybride…), lui trouver une forme a plutôt été chose compliqué : ainsi, il va contenir des contradictions non résolues – non pas comme des erreurs mais, plutôt comme des koans zen ou comme des indicateurs d’étapes différentes d’un même compréhension tenségritale taoiste.
… Peut-être est-ce pour cela que ce livre est, en réalité, composé de quatre livres. Quatre éclats d’une même pensée. Quatre trajectoires. Quatre livres intitulés :
I. Le Livre de la Libération – BE
Une tentative d’approcher la connaissance de soi, et une violente pulsion d’irrationalisation, de liberté.
II. Jiva & Hécate – Du Néant vers l’Infini
Un culte chaote (de magie du chaos), son océan virtuel, partagé – avec Jiva (la mère, la déesse, la bienveillance) ; et avec Hécate : (l’adversaire, la libératrice, l’émancipatrice, l’incarnation du pouvoir personnel – la magie noire).
III. Le Livre de la Désincarnation – Le Snark, Xabab
« L’incarnation, c’est la jouissance, mais la désincarnation, c’est la paix. »
IV. Le Livre de l’Incarnation
Hécate vous a choisit.
Au fond, je ne cherche peut-être pas à devenir un mage, peut-être que je cherche à comprendre pourquoi je me sens simplement déjà vivre dans un monde partiellement magique — et comment l’habiter sans sombrer dans l’illusion ou le nihilisme et le désenchantement.
www.youtube.com/watch?v=4TuxTmFrXSQ
Hayao Itchi le Snark & Ciri « Amane » Kenzaki
