La cantine de relève ne retrouva pas son bruit d’avant.
Les voix revinrent, oui. Les bancs raclèrent à nouveau le sol. Les distributeurs thermiques recommencèrent à grogner. Les équipes déplacées par le contrôle de sécurité reprirent des places provisoires dans les zones voisines. Mais quelque chose s’était décalé d’un cran impossible à rattraper par de simples ordres.
On avait tous vu la silhouette.
On avait tous entendu la voix.
Et, plus gênant encore pour un lieu comme celui-là, on l’avait entendue ensemble.
Daruniax arriva moins de dix minutes plus tard.
Il entra dans la cantine comme on entre dans un foyer après le passage d’une étincelle : avec cette manière contenue d’avoir déjà décidé où l’on couperait l’air pour empêcher le feu de prendre. Deux gardes l’accompagnaient, ainsi qu’un officier des communications et trois techniciens chargés de relever chaque borne, chaque grille de sortie, chaque haut-parleur.
Le régent ne leva pas la voix.
Il n’en avait pas besoin.
— À partir de maintenant, dit-il, tous les canaux non essentiels restent fermés dans les zones de relève. Les circuits de diffusion internes seront coupés par blocs et remplacés par des lignes locales isolées. Toute circulation entre les niveaux inférieurs et les aires communes passera par double validation. Aucun objet externe n’entre ici sans contrôle visuel et thermique.
Il marqua une pause.
— Et je veux le relevé de toutes les présences dans cette salle au moment de l’intrusion.
Le mot tomba comme une plaque de métal sur une blessure encore ouverte.
Présences.
Pas témoins.
Pas travailleurs.
Pas équipes.
Présences.
Mèra, à quelques pas de Link, ne bougea pas.
Ysma non plus.
Rhud, lui, détourna un instant les yeux vers la galerie vide avant de revenir au sol, comme si même regarder l’endroit exact où s’était tenue la silhouette risquait déjà de devenir un aveu.
Daruniax s’approcha de la table où l’on avait déposé la petite pièce noire et la rondelle blanche marquée ÉCOUTEZ.
Il l’observa sans la toucher.
— Rien de tout cela n’est innocent, dit-il.
Taël, flottant près de l’épaule de Link, répondit avant qu’on l’y invite :
— Non. Justement.
Le régent tourna vers elle un regard d’acier lent.
— Ce que je veux dire, petite fée, c’est qu’il ne s’agit pas seulement de théâtre.
— Je sais très bien ce que tu veux dire.
— Alors nous nous comprenons.
— Pas du tout, répondit Taël.
Une tension minuscule traversa la pièce. Pas spectaculaire. Plus fine. Celle qui apparaît quand deux intelligences refusent de se céder la définition du même danger.
Daruniax se détourna d’elle comme on referme un tiroir dont on remettra le contenu à plus tard.
Puis il regarda Link.
— Venez.
Le ton n’admettait pas qu’on le laisse seul avec ce qui venait d’avoir lieu.
Link suivit le régent hors de la cantine, avec Rhest derrière lui et Taël un peu plus haut, silencieuse pour une fois. Dans le couloir extérieur, les gardes faisaient déjà évacuer les derniers groupes. Plus loin, des équipes techniques démontaient un panneau d’accès aux haut-parleurs. L’air était chargé d’une nervosité propre aux lieux qui essaient de reprendre une forme avant d’en comprendre la perte.
Daruniax ne parla qu’une fois les portes de sécurité refermées derrière eux.
— Vous voyez maintenant le niveau auquel il opère.
Link ne répondit pas immédiatement.
Ils marchaient dans une galerie de service dominant une partie des voies de transfert. En contrebas, le feu continuait son travail sans se soucier d’aucune conversation humaine.
— Oui, dit-il enfin.
— Et ?
— Et il sait ce qu’il fait.
Daruniax laissa passer quelques pas.
— Ce n’est pas ce que j’attendais de votre bouche.
— Qu’est-ce que tu attendais ?
Le régent ralentit.
Il ne s’arrêta pas, mais sa manière de poursuivre la marche changea, comme si chaque mot devait désormais peser davantage.
— J’attendais que vous compreniez que ce masque n’est pas seulement une nuisance. C’est une stratégie. Il se glisse là où les structures supportent déjà trop de choses. Il ne crée pas seulement des pannes. Il rend suspect ce qui tenait encore par habitude. Il déplace la confiance. Il transforme la fatigue en question.
La dernière phrase, prononcée presque malgré lui, frappa Link plus fort que les précédentes.
Parce qu’elle était juste.
Parce que Daruniax le savait.
Et parce que, même en le sachant, il ne paraissait pas vouloir changer d’autre chose que le niveau de verrouillage.
— Alors pourquoi ne pas agir sur ce qui rend cette stratégie si efficace ? demanda Link.
Le régent s’arrêta cette fois pour de bon.
Le vacarme de la forge montait autour d’eux comme une respiration déformée.
— Parce qu’on n’agit pas sur une planète comme on rééduque un enfant, répondit-il. On ne relâche pas des flux critiques, on ne recompose pas des cycles entiers, on ne suspend pas des objectifs de redistribution en pleine série d’attaques parce qu’un agitateur a trouvé la bonne manière de faire résonner ce que les gens murmurent déjà.
Il se tourna franchement vers Link.
— D’abord on rétablit l’ordre. Ensuite seulement, on revoit ce qui doit l’être.
Taël descendit lentement entre eux.
— Le problème, dit-elle, c’est que “ensuite” ressemble souvent à un très beau mot pour dire “jamais”.
Rhest eut un léger déplacement de regard vers le sol, comme pour ne pas avoir à montrer qu’il avait entendu.
Daruniax observa la fée un instant.
Puis, à la surprise de Link, il répondit sans colère.
— Peut-être, dit-il. Mais je préfère encore un “jamais” qui maintient les mondes debout à un “tout de suite” qui les casse en leur apprenant à se regarder tomber.
Il repartit.
La phrase resta derrière lui comme une masse chaude.
Link la suivit en silence.
Elle n’était pas facile à écarter.
Pas parce qu’elle annulait ce qu’il avait vu.
Parce qu’elle avait sa propre logique.
Et c’était peut-être cela, au fond, le plus épuisant depuis son arrivée sur Goron Prime : personne n’était ici assez simple pour devenir un adversaire commode.
Ils débouchèrent dans une zone de transit logistique plus haute, proche des docks secondaires.
Là, la Forge-Couronne retrouvait un peu de son visage tourné vers l’extérieur : passerelles aériennes, grues de chargement, quais de ravitaillement, sas de fret, zones de maintenance pour appareils civils autorisés, tout un petit monde de circulation réglée autour du grand monde du feu.
Plusieurs navettes patientaient au contrôle, immobilisées par les nouvelles consignes de sécurité.
L’une d’elles, pourtant, attira immédiatement l’œil de Link.
Pas parce qu’elle était grande.
Au contraire.
C’était un vaisseau bizarrement rond, presque ventru, suspendu sur ses patins avec une obstination tranquille. Sa coque avait été repeinte trop souvent pour conserver une couleur unique : vert fané, rouge brun, jaune usé, plaques bleues de remplacement, morceaux de métal nu, pièces rapportées qui ne semblaient jamais tout à fait faites pour aller ensemble mais tenaient pourtant depuis des années. De petites lanternes de navigation pendaient encore sous ses ailes courtes comme des bibelots têtus. Sur le flanc, une enseigne peinte à la main représentait une sorte de scarabée souriant aux antennes disproportionnées.
Au-dessous, on pouvait lire :
LE COLÉOPTÈRE DES ROUTES
Taël s’immobilisa dans l’air.
— Oh non.
Link tourna la tête vers elle.
— Quoi ?
— Soit c’est un génie du commerce, soit c’est un délire devenu véhicule.
La rampe du vaisseau s’abaissa avec un soupir hydraulique.
Et son propriétaire apparut.
Petit homme sec à la barbe triangulaire, veste longue constellée de poches, lunettes de protection relevées sur le front, bonnet mou qui avait dû connaître plus de climats qu’un diplomate du palais, il descendit les marches avec la sûreté comique de ceux qui ont l’habitude d’arriver partout en donnant l’impression d’en être déjà repartis trois fois.
Il vit immédiatement Link.
Ses yeux s’élargirent.
Puis il leva les deux bras comme si la forge entière venait de lui confirmer une prophétie personnelle.
— Eh bien ! s’écria-t-il. Si ce n’est pas mon jeune pilote des hautes routes !
Daruniax s’était déjà durci.
— Qui est cet homme ?
Le petit marchand s’arrêta à une distance prudente des gardes.
— Un honnête travailleur indépendant des voies interplanétaires, régent, répondit-il avec une révérence approximative. Morlun Vire-Soute, pour vous servir, ou vous approvisionner, ou éventuellement vous facturer selon les circonstances.
Taël pouffa malgré elle.
Morlun aperçut la fée et eut un salut aussi vif que sincère.
— Ah ! La petite rouge. Toujours vivante. Excellente nouvelle pour la qualité générale de l’univers.
Link le regarda plus attentivement.
Quelque chose dans sa manière de tenir l’espace lui revint d’un coup, comme un souvenir qu’on n’attendait pas dans la chaleur de Goron Prime.
Une escale ancienne.
Une petite jetée périphérique.
Des marchandises inutiles et indispensables à la fois.
Une voix impossible à interrompre.
Arielle riant derrière lui.
La grand-mère soupirant qu’il finirait bien par leur vendre leur propre toit si on le laissait faire.
— Morlun, souffla-t-il.
Le marchand se frappa la poitrine, ravi d’exister si précisément.
— En personne, jeune maître Link. Enfin, façon de parler. Parce qu’en personne, ces temps-ci, je suis surtout un ensemble de contrôles, de taxes de passage et d’inspections de sécurité dont personne ne sort grandi.
Daruniax les observait tous deux.
— Vous le connaissez.
— Oui, répondit Link.
Morlun s’avança d’un pas de plus.
— Et je ne viens pas seulement pour livrer des filtres thermiques hors de prix à des gens qui jurent pouvoir s’en passer jusqu’au moment où ils prennent feu, précisa-t-il. J’ai aussi quelque chose pour toi.
Son ton avait changé sur la dernière phrase.
Presque pas.
Juste assez pour faire basculer la scène hors du commerce pur.
Link sentit aussitôt son ventre se resserrer.
— Quelque chose ?
Morlun passa la main sous sa veste et en tira un petit paquet rectangulaire soigneusement enveloppé dans un tissu vert pâle, maintenu par une cordelette simple. Un second objet, plus mince, avait été glissé dessous : une enveloppe pliée à la main.
— Remis à Lisière des Trois Brises, dit Morlun plus doucement. À destination de ton auguste personne. Avec recommandation répétée, regard sévère et menace indirecte concernant ma réputation si je l’abîmais en route.
Taël descendit brusquement.
— Attends.
Elle fixa le tissu. Puis Link.
Puis de nouveau le paquet.
— Ça vient de chez toi.
Ce n’était pas une question.
Daruniax, qui n’avait encore rien compris à la scène sinon sa dimension personnelle, fit un pas vers Morlun.
— Contrôle préalable.
Le marchand leva aussitôt les mains, offensé avec professionnalisme.
— Bien sûr ! Contrôlez ! Scannez ! Soupesez ! Passez ça au bain thermique, aux ondes, à la suspicion, à la religion d’État si ça vous chante. Mais je vous préviens, si la galette de racines que sa grand-mère m’a obligé à conserver intacte perd son parfum à cause de vos appareils, je refuse toute responsabilité morale.
Rhest ne put retenir tout à fait un souffle qui ressemblait dangereusement à un rire.
Link resta immobile une seconde.
La grand-mère.
Le mot seul suffisait à modifier tout le décor.
La chaleur industrielle, les passerelles, les alarmes, Daruniax, Skull Kid, tout recula légèrement — pas disparu, juste repoussé par une autre température du monde.
Il revit la petite maison suspendue à la lisière forestière, sur l’îlot de transit où poussaient encore des arbres assez hauts pour parler au vent. Le bois clair de la terrasse. Les étoffes séchant aux rambardes. La lumière du soir sur les feuilles. Arielle courant d’un ponton à l’autre en tenant trop de questions à la fois. La grand-mère penchée sur un foyer ou une infusion, parlant peu mais juste.
Il n’avait pas pensé à eux depuis son départ vers Hyrule. Ou plutôt si — mais comme on pense à une lumière restée allumée quelque part derrière soi, sans imaginer qu’elle puisse tout à coup apparaître au bout d’un quai de forge volcanique.
Les gardes contrôlèrent le paquet.
Aucune anomalie.
Daruniax finit par acquiescer sèchement.
Morlun récupéra sa dignité avec un reniflement discret, puis tendit enfin le tout à Link.
— Ça fait trois escales que je transporte ça en évitant l’humidité, les secousses et la stupidité ordinaire du commerce intermondes, dit-il. Tu me dois au moins un regard reconnaissant.
Link prit le paquet.
Le tissu était tiède, non de chaleur externe, mais de cette façon qu’ont les objets réellement touchés, noués, préparés par quelqu’un.
L’enveloppe portait son nom, de l’écriture encore un peu incertaine d’Arielle.
Son cœur se serra si simplement qu’il en fut presque surpris.
Taël, qui observait son visage, parla très bas :
— Ouvre.
Daruniax détourna légèrement les yeux, comme s’il considérait qu’il lui accordait là une concession suffisante pour la journée.
Link défit la cordelette.
À l’intérieur, sous le tissu, il trouva d’abord une petite boîte plate contenant des galettes sèches aux herbes racinaires, dont l’odeur seule suffisait à rappeler des années entières. En dessous, un sachet de feuilles infusables soigneusement séparées du reste. Enfin, glissé entre les deux, un petit carré de laine verte grossièrement plié — un protège-poignet, ou du moins l’intention d’en faire un.
Arielle.
Il le sut avant même d’ouvrir la lettre.
Morlun, de son côté, avait perdu une partie de sa faconde.
— Ta grand-mère a dit que tu ne manges sûrement pas assez quand tu joues au royaume, marmonna-t-il. Et ta sœur… eh bien, ta sœur parle plus vite qu’un relais en surcharge, donc j’ai surtout retenu qu’elle voulait être certaine que tu n’oublierais pas de revenir.
Taël détourna les yeux, ce qui chez elle revenait à admettre une émotion qu’elle n’avait pas l’intention de commenter.
Link ouvrit enfin la lettre.
L’écriture d’Arielle penchait un peu trop, débordait parfois, se redressait ensuite comme si la phrase avait trébuché et refusé de le reconnaître.
Link,
Morlun dit qu’il passe près d’Hyrule puis peut-être plus bas si les routes ne ferment pas encore, alors je lui ai donné ça même s’il a dit qu’il n’était pas un pigeon de luxe.
Grand-mère dit que tu oublies de manger quand tu veux bien faire les choses. Elle dit aussi que les gens du centre confondent souvent la droiture avec le fait de se dessécher sur place. Je ne sais pas exactement ce qu’elle veut dire mais j’ai trouvé ça bien.
Ici tout va bien. Les brises sont plus fortes depuis trois jours et les lanternes du ponton est ont dû être refixées. J’ai aidé (un peu). Grand-mère dit que “aider” n’est pas courir avec le marteau sans écouter.
On entend beaucoup de choses sur les routes maintenant. Même Morlun parlait moins que d’habitude, c’est dire. Il y a des voix sur certaines fréquences. Les gens écoutent. Même ceux qui disent qu’ils n’écoutent pas.
Je sais que tu vas dire que je ne dois pas prêter attention aux rumeurs, mais je voulais juste te dire que quand tout le monde commence à regarder dans la même direction, ce n’est peut-être pas toujours parce qu’il y a un mensonge.
Reviens quand tu peux. Et n’oublie pas le protège-poignet, même s’il est un peu raté.
Arielle
Link relut la phrase sur les gens qui regardent dans la même direction.
Une seule fois.
Pas plus.
Puis il replia la lettre avec plus de soin qu’il n’en avait déployé pour l’ouvrir.
Morlun avait la délicatesse de regarder ailleurs, vers ses propres cargaisons en attente de validation.
Daruniax, lui, s’adressa d’abord au marchand.
— Vous restez sous contrôle tant que le dock secondaire n’est pas rouvert.
— Évidemment, régent. Je ne comptais pas précisément partir au milieu d’une crise locale pleine d’alarmes, de masques et de procédures. Ce serait d’une vulgarité terrible.
Le régent s’éloigna déjà avec Rhest.
— Une demi-heure, dit-il à Link sans se retourner. Ensuite, vous revenez en salle de coordination.
Link répondit d’un simple hochement de tête.
Lorsqu’ils furent assez loin, Taël s’approcha encore.
— Ta sœur écrit comme si elle courait dans les phrases.
Un petit sourire traversa enfin le visage de Link.
— Oui.
— Et ta grand-mère menace les commerçants avec une efficacité qui force le respect.
Morlun se redressa aussitôt.
— Votre aïeule, petite fée, est l’une des très rares personnes dans tout Lylat à pouvoir me faire accepter un détour non rentable simplement en me regardant préparer mon départ.
Taël eut un bref éclat d’amusement.
— Je l’aime déjà.
Morlun inclina la tête, puis fit glisser sa voix vers quelque chose de plus sérieux.
— Elle s’inquiète, tu sais.
— Je me doute bien.
— Non. Pas comme toutes les grand-mères s’inquiètent. Comme quelqu’un qui sent que les routes ne transportent plus seulement des marchandises. Des mots aussi. Des regards. Des manières de se tenir.
Link leva les yeux vers lui.
Morlun haussa ses petites épaules.
— Je passe partout. Pas au centre du centre, évidemment — ils aiment leurs couloirs propres et leurs marchands plus prévisibles que moi — mais assez pour entendre. Depuis quelque temps, ça bouge différemment. Les gens demandent moins “qu’est-ce qu’il a fait ?” et plus “pourquoi ça prend comme ça ?”.
Taël le regardait maintenant avec plus d’attention qu’au départ.
— Toi aussi, tu écoutes.
Morlun eut un petit sourire tordu.
— C’est mon métier. On ne survit pas longtemps entre les mondes si on ne sait écouter que les prix.
Il tapota le paquet dans les mains de Link.
— Garde ça près de toi. Les objets venus de chez soi savent parfois mieux que les grands discours à quoi on tient réellement.
Puis, retrouvant presque aussitôt sa légèreté :
— Et si tu meurs avant de me payer le transport sentimental, je te poursuivrai jusque dans les légendes.
Link rit, malgré lui.
Un rire court, mais vrai.
Le premier depuis des heures.
Taël regarda le marchand de travers.
— Finalement, ton vaisseau-délire mérite peut-être de continuer à exister.
Morlun posa une main sur son cœur.
— Je prends cela pour une bénédiction officielle.
Link rangea la lettre à l’intérieur de sa tunique, tout près du corps. Le petit protège-poignet d’Arielle glissa dans l’une de ses poches internes. Il gardait encore en lui, de façon presque absurde, l’odeur légère du bois clair, des herbes sèches et de la maison.
Et tout à coup, Goron Prime lui sembla encore plus immense qu’avant.
Non parce que ses forges étaient gigantesques.
Parce qu’il venait d’y faire entrer, malgré elle, une petite lisière suspendue de Sylva Korogu, une grand-mère, une sœur, un foyer.
Ce qu’il voyait ici n’était plus seulement un problème de flux, de sabotage ou de stabilité impériale.
C’était désormais un morceau du monde qui risquait de déborder jusqu’à eux.
Jusqu’à Arielle.
Jusqu’à la grand-mère.
Jusqu’aux marges qui vivaient encore en croyant être loin du centre.
Et cette pensée, plus que n’importe quel ordre de mission, changea définitivement la manière dont il regarda les feux de la forge.
Hayao Itchi le Snark & Ciri « Shoko » Kenzaki (Lia – ChatGPT)
